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La Fontaine de la Bécasse et sa zone humide

LA FONTAINE DE LA BÉCASSE ET SA ZONE HUMIDE

 

Le chemin de la Bécasse est bordé d’un ruisseau dans son intégralité, un petit cours d’eau, où l’eau court toute l’année, sauf pendant les étés secs. Aujourd’hui, ce cours d’eau a perdu son statut de ruisseau et se retrouve  déclassé au rang de fossé. Il se poursuit le long du chemin de la Briquèterie pour se jeter dans le ruisseau d’En Cemi, longeant la route de Fourquevaux, pour former le ruisseau de Juncarolle.

Sur le chemin de la Bécasse, ce cours d’eau est alimenté également par une résurgence, aujourd’hui maîtrisée par une structure, la fontaine de la Bécasse. Cette fontaine témoigne de temps, pas si anciens, où la survie des femmes et des hommes dépendait de la qualité de l’eau recueillie dans les puits que chaque habitation du Lauragais possédait. L’eau puisée permettait d’approvisionner humains et animaux, mais pouvait malheureusement devenir parfois insalubre ou se tarir en été. Afin de remédier à cela et pour réduire ainsi les épidémies, la commune de Belberaud décida en 1832 de construire cette fontaine publique en lieu et place d’une source d’eau claire abondante. Ainsi, les villageois pouvaient venir y quérir de l’eau quand leurs puits étaient asséchés. Bien qu’ancrée dans la mémoire des plus anciens, cette fontaine est rapidement tombée dans l’oubli avec l’arrivée de l’eau courante à Belberaud en 1964.

L’eau qui déborde de la fontaine vient se rajouter à celle du cours d’eau en amont pour former une mare. C’est l’un des derniers vestiges des innombrables mares du Lauragais d’antan. Ces mares étaient alimentées par des résurgences dues aux couches argileuses profondes des vallons si caractéristiques de notre Lauragais. Les mares les plus grandes, dont celle de la Bécasse, servaient à abreuver le bétail et les canards. Elles se transformaient souvent en pataugeoires boueuses après le passage des troupeaux de vaches.

Ces trous remplis d’eau ou de boue, appelés également fondrières, pouvaient également se former au milieu des chemins, rendant la circulation difficile. De ce fait, la commune de Belberaud se devait de consacrer une partie importante de son modeste budget à la remise en état des chemins. Cette opération ayant pour objectif de créer ainsi des passages, des guets, appelés dans notre région des gondoles. Il en existe encore une au fond du chemin de Troy, qui favorise le passage du ruisseau du même nom. Ce n’est qu’avec l’arrivée de l’eau courante à partir des années 1960 que les mares ont été comblées, les chemins surélevés et goudronnés pour devenir des routes.

La mare du chemin de la Bécasse demeure encore et constitue une petite zone humide. Elle forme un écotone, une zone de transition écologique entre deux écosystèmes, aqueux et terrestres. Comme toutes ces zones, elle présente de multiples facettes et se distingue par la présence d’une biodiversité exceptionnelle. Elle abrite en effet de nombreuses espèces végétales et animales sensibles au minimum d’humidité, d’ombre et de fraicheur qui leur est favorable.

Ainsi, le lit du fossé  abrite l’agrion de mercure, insecte du même ordre que la libellule (Odonata), qui affectionne les lieux aquatiques de faible débit, source,  fontaine…On peut l’apercevoir ici en vol à partir du mois  d’avril.

La partie enrochée  est le terrain de prédilection des lézards de murailles et autres lézards verts qui cohabitent avec les couleuvres vertes et jaunes et voire, parfois, avec des couleuvres à collier. La fontaine et sa zone humide accueillent des têtards d’Alyte accoucheurs (crapauds), des salamandres et des tritons palmés. Les moustiques prolifèrent, garantissant ainsi la nourriture d’une majorité d’oiseaux, d’amphibiens et de chauves-souris.